La nouvelle exhortation du Pape comme appel à la sainteté rejoint la pédagogie du Mouvement Eucharistique des Jeunes, imprégnée de la tradition ignatienne dont est issu le Pape François. Décodage en 5 questions avec Xavier Roger s.j., jésuite et aumônier national du Mouvement.

Xavier, tu es aumônier national du MEJ et, comme le Pape, jésuite. Comment as-tu reçu son encyclique Gaudete et Exsultate ? 

Comme souvent, cela a été une grande joie de pouvoir lire ce que le Pape écrit tant ses mots ont du souffle pour tout le monde. Le mot de « sainteté » reste parfois enfermé dans de vieilles images ou des représentations. Cela fait du bien de pouvoir le dépoussiérer un peu et lui redécouvrir cet appel qui est celui de tous.

« Chacun dans sa route. (…) Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui. (cf. 1 Co 12, 7). » Le pape parle ici clairement d’une relation personnelle avec le Christ. Comment pouvons-nous l’envisager concrètement ?

Une des grandes forces du MEJ est d’apprendre aux jeunes à tisser une amitié particulière avec le Christ. Cette amitié leur apprend à se laisser toucher par lui, à l’écouter ou à lui parler, à se laisser guider par son Esprit. La prière d’offrande quotidienne et la prière d’alliance, la méditation de la parole de Dieu ou encore les démarches de choix sont autant de moyens pour que se tisse cette relation personnelle.

« Je demande donc à tous les chrétiens de faire chaque jour, en dialogue avec le Seigneur qui nous aime, un sincère « examen de conscience ». » Comment fait-on un examen de conscience ? Cette pratique n’est-elle pas un peu dépassée pour des jeunes ?

« L’examen de conscience » est un mot qui peut faire peur ou qui peut paraître démodé. Elle se nomme aussi « prière d’alliance. » C’est une prière qu’apprennent à faire les MEJistes le soir de chaque journée. C’est une pratique très ancienne que de nombreuses personnes et de nombreux saints ont vécue et qui consiste à regarder comment Dieu, dans les choses du quotidien, transforme notre vie avec nous. Il ne faut donc pas la prendre comme un jugement froid et extérieur, un examen face à un juge implacable, mais comme une respiration dans la vie des hommes pour qu’ils grandissent au souffle de Dieu. Elle s’appuie sur la remise de ses joies et ses tristesses, de ses espérances ou doutes, de sa quête de bonheur et de son péché à l’horizon de Dieu.

« Cette sainteté à laquelle le Seigneur t’appelle grandira par de petits gestes. » Comment vivre les « petits gestes » du Pape François ? Quels moyens avons-nous au quotidien ?

Il y a beaucoup de moyens mais le principal est celui de l’offrande du matin et de la prière d’alliance du soir (l’examen de la question précédente). Ces deux temps sont deux portes que l’on ouvre à Dieu dans chacune de nos journées. Elles donnent aux petits et grands gestes de notre quotidien toute leur saveur. Offrir le matin à Dieu les moments que l’on va vivre, les personnes que l’on va croiser, les choses imprévisibles qui vont se dérouler, c’est laisser la grâce de Dieu habiter nos gestes de la même manière que l’on met du levain dans le pain afin qu’il prenne toute sa dimension. La prière d’alliance en recueille les fruits.

« Comment savoir si une chose vient de l’Esprit Saint ou si elle a son origine dans l’esprit du monde ou dans l’esprit du diable ? Le seul moyen, c’est le discernement. » Le discernement. Voilà un « gros mot » ! Comment le vivre étant adulte ou étant plus jeune ?

Le meilleur moyen de discerner si une chose vient de Dieu est de reconnaître la vie qu’elle apporte en nos cœurs. Si elle provoque en nous une joie profonde et durable, une paix ou la force de croire, d’espérer et d’aimer, c’est que la vie de Dieu se manifeste en nous. Si à la place elle provoque tristesse, confusion durable ou une sorte d’affadissement, cela peut être reconnu comme venant du « monde » (entendu comme mondain) ou du Diable. Adultes ou adolescents, nous sommes capables de reconnaître cela. C’est à la portée de tous de commencer à le vivre.

« Le saint est capable de vivre joyeux et avec le sens de l’humour. Sans perdre le réalisme, il éclaire les autres avec un esprit positif et rempli d’espérance. » Finalement, être joyeux : est-ce pour le Chrétien un détail ou un essentiel ?

C’est ce petit détail si essentiel à la vie, qui change tout ! La joie est cet excès qui fait que nous sommes chrétiens. Et c’est la joie du Christ mort et ressuscité qui nous rend chrétien. Plus grande que nous, débordante et humble, elle traverse la croix et la mort. C’est cet excès qui rend profondément joyeux et donne le sens de l’humour. Dieu nous donne sans mesure cette joie. Il ne dépend de nous que de nous y rendre davantage disponibles en toutes occasions et de la recevoir de Dieu comme un cadeau, une grâce toujours prête à se livrer même au cœur des épreuves que nous traversons.

 

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